L’imagerie mentale au cœur du HCAS

23 août 2017
U20- HCAS-1

En début de saison dernière, Raphaël Pesenti,  a intégré l’équipe des encadrants   du HCAS, (en qualité de préparateur mental), pour les catégories U15, U17, 20 du pôle espoir  et la D3. Cet ancien ingénieur automobile, âgé de 42ans, a, depuis 2014, changé d’orientation professionnelle, en créant son propre cabinet de coaching et de préparation mentale. Il possède également un diplôme d’entraîneur  de football en Espagne. Après quelques semaines d’observation, dans le vestiaire gothique, et avec l’accord d’Olivier Duclos, il a plus spécifiquement travaillé sur l’imagerie mentale ; l’un des facteurs importants de la performance et de la réussite dans le sport moderne. Les différences  ne se faisant plus exclusivement sur la dimension physique, mais bien sur le mental, ce qui induit que l’imagerie revêt une importance grandissante dans le milieu sportif, chez les athlètes confirmés mais également  chez les débutants ou les enfants.

Vous avez dit Imagerie Mentale

Les neuroscientifiques ont démontré depuis longtemps que,  réaliser une action motrice, ou s’imaginer la réaliser, au plus proche  de la réalité, activait le cerveau de la même façon, démontrant ainsi que notre cerveau ne  différencie  pas le geste que l’on  effectue réellement et celui que l’on imagine effectuer..

Dans ces deux cas de figure, les 5  sens peuvent entrer en action, sachant que l’audition, la vue et le déplacement sont plus régulièrement sollicités.

Plusieurs sportifs de haut niveau et de tous horizons, sont devenus des adeptes de cette imagerie mentale : les pilotes de la Patrouille de  France qui avant de décoller, répètent sur le plancher des vaches, les gestes à réaliser, avec leur manche à balai, pour réussir  leurs acrobaties aériennes. Mêmes  habitudes chez des skieurs qui, sur le plot de départ,avant de s’élancer, visualisent mentalement  les virages d’un slalom, ou d’une descente, etc

Le mémoire, réalisé par R. Pesenti,   dans le cadre de sa formation en Master 2 et en Diplôme Universitaire de Coaching et Préparation Mentale à l’université de Bourgogne (Dijon) , a pour unique sujet cette Imagerie mentale. Dans cette thèse très  documentée, il s’est attaché à  mesurer et  à évaluer les effets de cette IM sur l’apprentissage de schémas tactiques  d’une équipe de hockey sur glace, portant précisément sur l’acquisition et  l’amélioration de séquences de jeu défensives prédéterminées, toutes  issues d’un projet de jeu plus global du club. Le but étant d’améliorer la compacité défensive, à partir de différentes positions du palet, lorsqu’il se trouve en possession de l’adversaire, dans la zone d’arrière garde gothique. Les joueurs évoluant sur des schémas de positionnement fixe, sans variabilité fixe due à l’adversaire, (ce qui correspond à une défense  de zone, mais non individuelle, avec pression sur le porteur du palet).

Cette étude s’inscrit parfaitement,dans le projet gothique, mené par Olivier Duclos, l’entraîneur  principal et l’ensemble des coachs du club, qui, sur 3 ans, de 2016 à 2019, vise a instaurer  le même système de jeu dans toutes les catégories d’âge. Étant précisé que système de jeu commun ne sous entend pas la mise en place d’un jeu  stéréotypé obligatoire ; joueurs et entraîneurs pouvant toujours faire preuve d’imagination et d’inventivité , mais en restant  dans le cadre de l‘Imagerie Mentale.

L’ensemble de l’étude  et ses modalités, ont d’abord  été présentées et explicitées à l’ensemble  du groupe coachs et animateurs, avant de démarrer avec les  hockeyeurs du HCAS.

15 joueurs  de la catégorie U20 des « Gothiques » Amiens, âgés de 16 à 19 ans, de niveau national et/ou international, ont  participé aux trainings siglés Imagerie Mentale.  Pendant 8 semaines leur emploi du temps affichait 7  séances hebdomadaires ; : 4 sur glace et 3 hors glace.  Pendant ces deux types d’entraînements, pour être toujours au plus près du réel,  les jeunes gothiques se présentaient toujours avec  leurs équipements complets, (gants casque, protections et crosse).

Hockey sur glace et I.M sont-ils compatibles ?

En préambule de sa thèse, R. Pesenti pose la question de base : L’I.M est-elle un bon moyen pour améliorer  les mises en place de schémas défensifs qui constituent la base du hockey ?  Un sport d’équipe de haute intensité, aux séquences courtes, avec  de nombreuses rotations, dans lequel les schémas tactiques sont primordiaux.

Pour évaluer la pertinence des hypothèses qu’il soulève,  il mesure l’amélioration du temps de récupération du palet et le nombre de buts encaissés lors de la première partie du championnat, (avant la mise en place de l’Imagerie Mentale),  et compare ces mêmes données à l’issue de son expérimentation, avec celles précédemment  relevées.

Les résultats, sur les 2 mois sont spectaculaires : diminution du nombre de buts encaissés : moins 30%, amélioration de 50% du temps de récupération du palet .Le  feed-back des joueurs participants est éloquent ; une dizaine disent avoir amélioré leurs performances; ils sont  à peu près autant à avoir continué à  utiliser l’I.M après l’expérimentation.

Même satisfaction du côté  du coach, et de ses adjoints qui ont tous activement participé à  l’expérimentation.. Olivier Duclos  souligne l’augmentation de la concentration et  la diminution du stress chez ses hommes, qu’il a globalement trouvé plus réfléchis, plus  patients et toujours  attentifs  à réduire  les espaces.

En conclusion et en réponse à la question ; «  L’ajout de l’imagerie motrice va-t-il faciliter l’apprentissage de schémas tactiques défensifs d’une équipe de hockey sur glace ? » La réponse est pleinement positive et ouvre quelques intéressantes perspectives, comme le développement d’autres schémas  d’attaques ou de résolution de problèmes tactiques en match.

Jicehel