Patrick Deraspe, le retour du guerrier…

9 septembre 2018
Patrick Deraspe

Bonjour Patrick, c’est la première fois que tu reviens à Amiens depuis 1999, qu’as-tu ressenti à ton arrivée ?

C’est une agréable sensation. C’est la première fois que je reviens ici. J’ai eu entre temps 4 enfants, une situation familiale pas toujours évidente.

J’ai l’impression honnêtement de ne pas être parti. Je n’arrive pas à l’expliquer. Je me sens très bien ici. Le sentiment de la ville, les gens, les amis, les anciens partenaires de l’équipe font que je me sens bien ici tout simplement.

En rentrant dans le Coliseum, la première image qui m’est revenue est celle du but gagnant en finale contre Reims. François me fait la passe et je mets le but en cage vide. On finit dans les bras l’un de l’autre et la foule qui crie. J’en ai des frissons à en parler…

Tu as eu une image de guerrier, d’accrocheur, un joueur qui ne s’avoue jamais vaincu, une image également retrouvée cette année avec l’équipe d’Amiens…

J’avais cette détermination quand je suis arrivé ici et je crois qu’elle s’est renforcée avec le kop, les gens qui ont su apprécier le joueur que je suis devenu à Amiens. Cette force m’a poursuivi tout au long de ma carrière.

Je me suis développé un style de jeu ici. C’était en moi et faisait partie du guerrier que j’étais. Les joueurs n’aimaient pas trop mon style de jeu. Ils essayaient souvent de m’intimider mais je ne me laissais pas faire. Je ne reculais devant pas grand-chose.

Je remercie mes coéquipiers, tout le monde. Cela n’a pas été facile de faire ma place. Lors de ma deuxième saison à Amiens, je termine dans les meilleurs compteurs. J’avais fait une belle saison et comme dans n’importe quel sport, on essaie de voir plus grand pour notre carrière.

Mais je n’ai pas de regrets. J’ai été énormément chanceux de remporter plusieurs titres par la suite avec d’autres clubs dans d’autres championnats.

Ton nom a circulé il y a quelques années dans les travées du Coliseum, ces bruits étaient-ils fondés ?

Oui j’ai été contacté par certaines personnes et le désir de m’emmener à Amiens était toujours là. Mais je ne voulais pas m’aventurer dans un milieu où je m’y connaissais moins et que je ne réussisse pas.

Beaucoup de joueurs rentrent dans le coaching sans vraiment voir le total de l’expérience. Si on regarde Mario Richer ici, il a un bagage énorme d’entraîneur. Et cela se voit par les résultats, sa manière de travailler. Je ne suis pas le genre de joueur à me lancer dans des endroits où je ne suis pas bien.

J’ai réussi en tant que joueur en jouant trois finales. Il n’y a pas beaucoup d’équipes, de joueurs qui peuvent le dire. J’ai préféré rester dans cet esprit..! Mais ce n’est pas terminé. Je suis encore jeune, j’ai mon expérience de plusieurs championnats et peut être qu’un jour j’aimerais apporter, partager mon expérience de ce côté-là. Mais je ne suis pas pressé…

Tu es donc venu à Amiens pour un stage de perfectionnement, comment cela s’est fait ?

Je suis resté en relation avec Olivier Duclos. C’est grâce à lui que je suis ici aujourd’hui. Cela fait à peu près 2 ans que nous travaillons ensemble sur ce stage.

De mon côté, j’ai mon camp d’entraînement de hockey aux îles de la Madeleine depuis 10 ans. Nous sommes sur une île et l’idée de faire du hockey le matin encadré par des professionnels de la ligue nationale et faire du kayak sur la mer l’après-midi ou partir à la pêche reste unique. Il n’y a pas beaucoup de camps qui proposent ça. Les professionnels y voient un réel potentiel. Il y a d’ailleurs un projet de deux nouvelles patinoires qui va amener le camp de hockey vers un autre niveau.

Le fait de venir ici, à Amiens, est de démontrer la qualité d’enseignement que nous avons avec Benoit Barbeau. Il y a un beau mélange d’enseignement avec Benoit, qui est un peu mon mentor dans l’enseignement du hockey. Il amène une expérience, une énergie différente. Si cela marche bien, ce sera peut-être pour moi une chance de revenir à Amiens pour renouveler l’expérience.

Comment t’es venu l’idée de créer ce camp aux îles de la Madeleine ?

Je suis originaire des Iles de la madeleine. Je suis « Madelinot », comme on dit, et toute ma famille est originaire de là-bas. J’étais le joueur de hockey originaire des îles qui a été au plus haut niveau.

Sortir des îles reste assez couteux. J’ai donc voulu offrir aux 350 jeunes hockeyeurs de l’île la chance de pouvoir bénéficier d’un camp de par les contacts que j’ai à travers le monde du hockey, et aussi, inciter les gens à venir aux îles. Dans un cadre de hockey professionnel, donner la chance à des parents de vivre aussi de vraies vacances, profiter des plages, reste unique !

Nous avons 300 km de plage avec des restaurants, des endroits touristiques. Les îles de la madeleine ont une retombée touristique très importante chaque année. J’invite les personnes à consulter des photos sur internet. C’est très touristique et très préservé. Chaque année, des records de tourisme sont battus.

Si un amiénois vient les visiter, il pourra donc demander une visite guidée par Patrick Deraspe…

(Rires.. !) Je l’offrirais avec grand plaisir… J’invite tout ami d’Amiens à entrer en contact avec moi et je m’arrangerais pour bien les installer.

Un mot, une émotion à partager avec les partisans

Le premier mot qui me vient, c’est MERCI car j’ai beaucoup d’amis ici qui me suivent au quotidien. Merci de m’avoir fait vivre 3 ans d’émotions que j’ai réussi à préserver en moi tout au long de ma carrière.

Je revois encore le kop dans le virage. Toutes ces images me font chaud au cœur. Je remercie toutes ces personnes qui ont participé à ces moments-là avec moi.